Flux RSS

C’est le plus grand des voleurs, Oui, mais c’est un gentleman… (J. Dutronc)

Publié le

Hier soir nous est arrivée l’aventure la plus passionnante de notre vie. Nous avons tout simplement affronté la technologie elle-même, rendue palpable sous la forme d’une porte à fermeture automatique, et à ouverture magnétique à l’aide d’une carte.

En bref, à 11 heures du soir, nous raccompagnions nos amis Français à la porte. Ils revenaient tout juste de Laponie après quatre jours d’exploration nordique, et depuis qu’ils nous ont un peu raconté, notre envie d’y aller est multipliée par 10. Mais après avoir pseudo-dormi dans le train de nuit, ils étaient très fatigués, et donc, nous les raccompagnions en leur souhaitant bonne nuit sur le pas de la porte.

Soudain, c’est allé très vite. La porte claque… (il fait très chaud dans l’appart’, alors on laisse souvent la fenêtre ouverte), nous retournons nos poches, elles sont vides. Nooooooonnnnn ! On est déjà enfermés dehoooooooorss !!!!

Un système fourbe, très fourbe...

Vite, nous parvenons, à l’aide des cartes de nos amis, dans le hall du rez-de-chaussée. Là, un panneau nous explique que le prix pour déverrouiller la porte à une heure indue s’élève à … 27 euros.

« Alors là, non ! Pas question ! » s’exclament les petits radins que nous sommes.

Et en bon français, nous nous rappelâmes des glorieuses aventures d’Arsène Lupin, le gentleman cambrioleur.

Vous croyez entrevoir la suite…

Matériel :

  • Un vieux cintre trouvé à Emmaüs

  • Une balayette provenant de la laverie commune

  • Du sparadrap pour les pieds

  • Une cuillère en bois

  • Un gros soupçon de patience

Technique :

En insérant le cintre, accroché au bout du balai, par la boîte aux lettres, il doit être possible de saisir la poignée de la porte. Par une pression de 21 newtons environ, dirigés verticalement et vers le bas sur la poignée, la porte devrait s’ouvrir comme par enchantement.

          Normalement, on devrait arriver à ça.          Pas évident!

Et nous voilà à nous entraîner sur la porte de nos amis, à essayer tant bien que mal de trouver le bon angle, à mettre le cintre accroché à la balayette dans le même plan, à essayer de former le crochet à l’endroit à l’envers, à marquer au couteau le manche de l’engin en guise de repères, en bref à tâtonner.

Finalement, monsieur O. (je ne le nommerai pas car il maîtrise la technique et serait susceptible d’être suspecté par la police de nombreux cambriolages de haut vol), réussit suffisamment souvent la manœuvre pour que l’on tente le coup. Nous nous présentons devant la porte close.

Quatre cœurs battent à 100 à l’heure. Nous n’avons pas le droit à l’échec. D’autres voisins font une fête dans le couloir. Nous avons des spectateurs.

Trifouille… Trifouille….

Non ! Le crochet s’est pris dans le sac de course accroché à la poignée de la porte !!! Il est coincé !!! Misère de misère…

Ah ! En forçant un bon coup, Monsieur O. parvient à récupérer notre outil, mais il est tout abîmé, et les réglages sont perdus… Qu’à cela ne tienne, nous allons recommencer. Et réussir, les amis !

Re-réglages, chaque millimètre est important… Et deuxième essai. Les autres voisines, mexicaines, viennent nous demander ce que nous fabriquons. Elles sont au bord des larmes. Leur carte magnétique ne fonctionne plus, et elles aussi sont à la porte de chez elles… Cependant que j’essaie de les rassurer, Monsieur O. s’occupe de notre poignée de porte, Mademoiselle A., sa compagne, m’appelle soudain : « Julien, il a accro… » Elle n’a pas le temps de finir sa phrase que la porte cède.

Elle est ouverte…

« We… Arre ze champions, my friends…. » retentit dans ma tête, nous bondissons de joie, on dirait le 12 juillet 1998 sur les Champs-Elysées, en mieux, parce qu’on a économisé 27 euros.

Epilogue.

Les mexicaines ont réclamé l’intervention par les soins de l’équipe française. Opération périlleuse, avec la présence d’un parapluie et d’une blouse de chimiste sur le verso de la porte. Monsieur O. tremble, fatigué après sa nuit dans le train et son travail sur la première porte. Il demande à être remplacé lorsque le crochet se prend dans le parapluie. A la 89°, alors que la mexicaine compose le numéro d’urgence et s’apprête à débourser 27 euros, le remplaçant J.P. (n° 10) inscrit le deuxième but de la rencontre. Toute l’équipe est consacrée, tout le monde pleure, nous sommes entrés dans l’histoire.

Epilogue 2.

En plus, le petit alcool de mangue mexicain qu’elles nous ont fait goûter pour nous remercier de tant d’efforts, il est pas mauvais du tout !

Un petit remontant après toutes ces émotions. Monsieur O., Président!

Publicités

"

  1. Je suis un étudiant Erasmus également sur Helsinki et je suis tombé par hasard sur votre blog. Très bons articles ! Continuez comme ça !

    PS: c’était peut-être pas la meilleure chose à faire de publier sur internet une méthode efficace pour s’infiltrer chez vous sans effraction ! 😉

    Réponse
  2. Effectivement ! je n’y avais même pas pensé! Mais de toute façon tous les étudiants de notre résidence peuvent se cambrioler les uns les autres….

    Réponse
  3. Je suis fan, dix fois mieux que les aventures d’Arsène Lupin… ! J’attends la suite, car il y aura bien d’autres boulettes ?! :p

    Réponse
  4. Vous avez déposé un brevet , histoire de pouvoir intervenir chez tous les pauvres étudiants virés de chez eux .. Attention à la concurrence déloyale !! Comment il va vivre le dépanneur , si plus personne ne cotise ses 27 euros ? Hein vous z’y avez pensé ? Comment il va nourrir sa famille , et sa vieille mère malade ? , et ses enfants rachitiques ?

    Bises

    Réponse
    • c’est pas le dépanneur.C’est HOAS;nuance.hors si HOAS sait nous organiser des soirée avec le champagne gratuit, on peut arrêter de payer le dépanneur…ils ont déjà bien assez de sous!
      En plus je suis en guerre contre HOAS.la semaine dernière le concierge s’est ramené pour réparer le radiateur.Il est entré cash dans l’appart.Détail: j’étais à poil.

      Réponse
      • FOUTU!!! Toute une éducation à refaire !
        Qui c’est qui t’a éduquée ? Mais est ce bien des manières de se promener à poil chez soi , sûr que c’est pour faire monter la température chez les voisins d’en face !
        Quel danger cette nana !

  5. Pingback: Stockholm dans tous les sens « Mettre l'accent suomi

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :